Hélène Jégado

Surnommée l’empoisonneuse, verser de l’arsenic était pour elle comme un tic, voire même un passe-temps bien commode, mais parfaitement incommodant pour ses convives qui trépassaient dans la souffrance la plus infâme.

Hélène Jégado, plus souvent appelée « la Jégado », est née le 17  juin 1803 dans un petit village du Morbihan. Orpheline (et pour cause peut-être …), elle est confiée à des paysans, une maison où débute sa carrière de domestique : servir, elle le fera toute sa vie. Et de la soupe à l’arsenic le plus souvent. Les premières morts suspectes ont ainsi lieu à partir de 1833, et sept en l’espace de quelques mois seulement, dont celle de sa propre soeur, Anna. C’est que la Jégado ne s’en laisse pas conter et qu’elle se reporte un peu trop sur la bouteille par ailleurs. Mais à cette époque où sévissent des virus parfois sans nom, les décès successifs passent pour le résultat d’une épidémie.

Autres embauches, autres morts, comme une rengaine. Trois personnes dont un prêtre par-ci ; puis une femme et sa fille par-là. Pourtant, même si la rumeur enfle, le soupçon ne parvient pas à se raccrocher à cette femme bigote qui ne paie pas de mine. Alors qu’elle est au service d’une famille à Rennes en 1848, c’est le fils de la maison, âgé de 9 ans, qui meurt seulement trois semaines après son arrivée.

Mais ce n’est qu’en 1850, à l’hôtel du Bout-du-Monde, qu’un médecin va supposer un empoisonnement à l’arsenic sur une des servantes. Mais rien ne se passe, la Jégado n’est pas inquiétée. C’est une prochaine embauche qui va sonner la fin de sa macabre liste. Alors qu’elle travaille pour un professeur de droit de la faculté de Rennes, trois personnes vont succomber. Deux gouvernantes et une domestique de 19 ans. Le corps de cette dernière est alors autopsié et l’empoisonnement à l’arsenic ne fait aucun doute. Tout comme la culpabilité d’Hélène Jégado.

Elle est arrêtée le 2 juillet 1851. Neuf jours de procès et une heure et quart de délibérations la conduiront sous la guillotine le 26 février 1852.

A.P.

Pour compléter

> A lire, le roman de Jean Teulé, Fleur de tonnerre, paru en mars 2013 (éditions Julliard).

+ Son passage dans l’Heure du Crime du jeudi 7 mars.

> A écouter, la chronique issue des histoires criminelles de Jacques Expert, « Hélène Jégado, l’empoisonneuse ». 

> Et le chapitre qui lui est consacré dans Femmes criminelles de France (éditions De Borée).

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